
Communique de presse
Décès de Mamadou Bakhoum à la brigade de Karang, un autre de trop !
La Rencontre Africaine pour la Défense des droits de l’Homme (RADDHO) exprime sa vive indignation et sa profonde préoccupation suite à la récurrence de décès d’individus dans des locaux de la police ou de brigade de Gendarmerie. Le dernier cas est celui de Mamadou Bakhoum âgé de 32 ans, à la brigade de la gendarmerie de Karang.
Soupçonné de trafic de drogue, il est cueilli par des gendarmes et amené à la Brigade, dans la nuit du jeudi 23 janvier aux environs de 21h. Selon les témoignages recueillis sur place, il subit des atrocités avant d’être jeté dans la" chambre de mort". Le lendemain, il sera transporté à l’hôpital où il décède, laissant derrière lui une femme enceinte, une mère non voyante et un père de 80 ans.
Mamadou Béye, Dominique Lopy, Alioune Badara Diop, Aida Camara et aujourd’hui Mamadou Bakhoum sont tous morts, alors qu’ils sont en garde à vue, dans un commissariat de Police ou une brigade de gendarmerie. Tous ces morts attestent de sérieuse présomption de torture.
Devant la récurrence de ces actes assimilables à de la torture:
La Raddho
- Condamne fermement la caution de l’impunité, de la part des autorités politiques et judiciaires, face à la fréquence de « suicide » ou « décès » inadmissibles et inacceptables de personnes gardées à vue dans des locaux de police ou de gendarmerie
- Exprime ses craintes qu’aucune suite judiciaire ne soit réservée à ces morts suspectes face à la lenteur des procédures d’enquêtes judiciaires
- Exige que la lumière soit faite sur les « décès » de Mamadou Bakhoum à la brigade de Karang, Aïda Camara au Commissariat Central, Mamadou Bèye à la Brigade Est de la Gendarmerie de Dakar, Dominique Lopy au commissariat de Kolda et Alioune Badara Diop au commissariat de Ndorong de Kaolack
- Demande à l’Etat du Sénégal de se conformer à ses obligations nationales et internationales en matière de torture contenues dans la Constitution et dans la Convention contre la torture et de bannir la torture et les traitements inhumains et dégradants
- Recommande vivement l’effectivité d’un mécanisme de contrôle dans les lieux de privation de liberté et la présence d’un avocat et d’un médecin du début à la fin de la procédure judiciaire, seule façon de garantir le droit à la vie et l’intégrité physique des individus détenus.
Fait à Dakar le 26 Janvier 2009

Préoccupant faux pas du CNDD au pouvoir en Guinée
Ce matin à 10Heures, premier jour de l’an 2009, une quinzaine de militaires dirigés par un capitaine membre du Comité National de la Démocratie et du Développement (CNDD), ont fait irruption de façon illégale, sans mandat de perquisition, dans la maison de l’ancien Premier Ministre Séllou Dallin Diallo, Président de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG). Très nerveux ils ont obligé, en menaçant de leurs armes, les dizaines de visiteurs venus souhaiter les vœux de nouvel an à leur leader, de se mettre à plat ventre. Ils ont cassé une porte et fouillé partout à la recherche d’armes et de mercenaires. N’ayant rien trouvé ils ont emporté un téléphone portable appartenant à un des visiteurs.
Interrogé par les militaires, M.Diallo a réitéré la décision de son parti à coopérer pour le succès de la Transition.
La Raddho
- Exprime sa vive préoccupation face au premier faux pas que viennent de faire les hommes du Capitaine Moussa Daddis Camara au pouvoir et qui risquent de réveiller les vieux démons de la Guinée
- Constate que, malgré les discours et les intentions proclamées, ils restent des militaires peu préparés à l’exercice du pouvoir face à une situation économique, politique et sociale d’une exceptionnelle complexité
- Condamne ce comportement qui peut porter préjudice à toute la crédibilité accordée à la transition militaire en Guinée
- Exige l’ouverture d’une enquête pour situer les responsabilités et sanctionner les auteurs
- Reste convaincue du caractère impérieux et urgent d’une surveillance et d’un encadrement par la communauté africaine et internationale de la transition militaire en cours pour éviter le chaos en Guinée
Fait à Dakar, le 01 Janvier 2009

Communiqué de Presse
Affaire Maky Sall : Non a la Criminalisation de l'opposition politique
Un communiqué de presse fantaisiste du Ministère de l’intérieur fait état d'informations relatives à «l’existence d’un réseau de blanchiment d’argent sale impliquant Monsieur Macky Sall, ancien président de l’Assemblée nationale et Abdoulaye Sall, de nationalité sénégalaise résidant au Gabon »
Cette grave accusation intervenant dans un contexte préélectoral tendu n'est en réalité qu' un plan machiavélique dont seul le Président Wade a le secret; ourdi dans l’unique dessein de liquider un adversaire politique.
C'est une étape nouvelle inscrite dans un programme de mise à mort politique de Macky Sall déclenché depuis la convocation par l’Assemblée nationale de l’ANOCI, une agence dirigée par Monsieur Karim Wade. Un nouveau palier dans la descente aux enfers avec l'éviction de Monsieur Sall du poste de Président de l'Assemblée nationale par une instrumentalisation politique de la Constitution.
Nous assistons au remake du mauvais feuilleton politico judiciaire dans l’affaire des chantiers de Thiès qui a permis a Wade de mettre le fil à la patte à Idrissa Seck. La boucle est désormais bouclée car tous les leaders politiques sénégalais considérés comme menaçants pour le Dauphin ont un dossier judiciaire susceptible d'être activé a tout moment; une nouvelle forme de démocratie par le chantage judiciaire.
On peut également rappeler l’utilisation politicienne qui a été faite des audits au début du régime de l’alternance pour créer les vagues de transhumance.
La Raddho
- Dénonce cette pratique malsaine, ignoble et dangereuse du pouvoir qui jette le discrédit sur les institutions de la République et participe à la perversion et à la destruction des mécanismes qui ont permis au Président Wade d'accéder au pouvoir.
- Exprime sa condamnation totale par rapport à des actes qui remettent en cause les droits politiques des citoyens de même que les principes démocratiques et jettent le discrédit sur la police et la justice du Sénégal.
- Exige le respect par le Sénégal de ses engagements internationaux en matière de droits humains l notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Charte Africaine des droits de l'Homme et des peuples , seul gage de la stabilité politique et sociale et fondamentalement, de la paix civile
- Exige l’arrêt immédiat du harcèlement judiciaire dont Macky Sall fait l’objet; -lance un appel à tous les démocrates à la vigilance et à la mobilisation citoyenne pour barrer la route à l’arbitraire et au dangereux processus de duvalierisation du régime politique
Fait à Dakar, le 27 Janvier 2009